Bonjour ; c’est moi ! 🤠 Dr. Souad Khamkham, Docteure en sociologie ; enseignante, conseillère, mentore et inspiratrice.

J’ai grandi dans la région d’Ouled Djellal, à l’est de l’Algérie, au sein d’une famille qui valorise l’éducation. Après mes études secondaires, j’ai choisi de donner la priorité à ma vie familiale, tout en conservant une forte passion pour l’apprentissage et le savoir.

J’ai réussi un concours national dans le secteur de l’éducation, ce qui m’a permis d’intégrer le milieu éducatif. Malgré mes responsabilités familiales, j’ai poursuivi mon parcours académique jusqu’à l’obtention d’un doctorat en sociologie. J’ai enseigné dans plusieurs universités en Algérie ainsi qu’à l’Université du Québec à Montréal (UQAM).

Actuellement, je travaille au consulat algérien à Montréal, où j’offre un accompagnement académique et des conseils aux étudiants des cycles supérieurs, en mettant l’accent sur l’orientation, la recherche et le développement intellectuel.

DOB: 01-01-1988
Phone: +1 (438) 924-0568
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MES COMPÉTENCES

Forte d’un parcours académique et professionnel riche, je possède des compétences solides en analyse sociologique, en recherche scientifique et en accompagnement académique. Mon expérience universitaire et institutionnelle m’a permis de développer une approche rigoureuse, humaine et engagée, orientée vers la transmission du savoir, le soutien des étudiants et la compréhension des dynamiques sociales contemporaines, notamment celles liées au genre, aux organisations et au développement humain.

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Découvrez ici mes articles sur des sujets variés : sociologie, développement personnel, égalité des genres, éducation, et sciences sociales. .

Définition de la Sociologie

 la sociologie``:: Nous appelons sociologie  une science qui se propose de comprendre par interprétation l’activité sociale et par là d’expliquer causalement son déroulement et ses effets.

Nous entendons par « activité » un comportement humain quand et pour autant que l’agent ou les agents lui communiquent un sens subjectif. Et par activité « sociale » l’activité qui, d’après son sens visé par l’agent ou les agents, se rapporte au comportement d’autrui, par rapport auquel s’oriente son déroulement.

La définition de la sociologie que Max Weber propose dans les premières pages d'Economie et société est la suivante : « Nous appelons sociologie (…) une science qui se propose de comprendre par interprétation l’activité sociale et par là d’expliquer causalement son déroulement et ses effets. Nous entendons par « activité » un comportement humain (…) quand et pour autant que l’agent ou les agents lui communiquent un sens subjectif. Et par activité « sociale », l’activité qui, d’après son sens visé par l’agent ou les agents, se rapporte au comportement d’autrui, par rapport auquel s’oriente son déroulement »  .

La Vision Sociologique de Durkheim

Selon Durkheim, la sociologie serait « la science des institutions, de leur genèse et de leur fonctionnement ». Pour lui, une institution veut dire, « toutes les croyances et tous les modes de conduite institués par la collectivité » 

Pour Durkheim, une société n’est pas un groupe d’individus qui habitent dans le même endroit géographique, elle est « avant tout un ensemble d’idées, de croyances, de sentiments de toutes sortes, qui se réalisent par les individus ». Elle indique une réalité qui est produite quand des individus agissent l’un sur l’autre, ce qui résulte dans la fusion des consciences individuelles. Cette réalité est sui generis, c’est-à-dire qu’elle est irréductible à ses parties composantes. Elle est plus que la somme de ses parties et est d'un ordre complètement différent des parties dont elle est composée. La société et les phénomènes sociaux ne peuvent être expliqués que dans des termes sociologiques. Les termes biologiques ou psychologiques sont insuffisants, et les faits sociaux ne peuvent pas être réduits aux formes matérielles d’une société et ses nécessités vitales, comme est fait dans le matérialisme historique. 

Les Concepts Clés de Durkheim et Weber

Pour mieux déterminer et analyser le contenu de cette réalité psychique, Durkheim invente le concept de fait social. Les faits sociaux sont essentiels, puisqu’ils constituent et expriment la conscience collective d’une société. 

Telle est la définition de la sociologie que Weber propose dans les premières pages d'Économie et société. Par cette définition, il fait de la sociologie une science de l'action sociale, en opposition à l'approche holiste de Durkheim, pour qui la sociologie est science des faits sociaux.

Le plafond de verre, un aperçu historique :

Le terme plafond de verre a commencé à être utilisé en 1839, dans le roman Gabriel (1839), Sand raconte l’histoire d'une fille (Gabrielle) élevée comme un garçon. Gabriel raconte un rêve à « son précepteur : «« J’avais des ailes et je planais au-dessus des mondes, vers un monde idéal... et j'étais une fille couronnée de fleurs et vêtue d'une longue robe fluide. » Lorsque le tuteur, chargé d'instruire son élève lorsqu'il était enfant, répond : « Alors tu étais un ange et non une femme », Gabriel déclare : « J'étais une femme ; car tout à coup mes ailes se sont effondrées, l'éther s'est refermé autour, ma tête est comme une voûte de cristal impénétrable, et je suis tombé, je suis tombé... et j'avais autour du cou une lourde chaîne dont le poids m'entraînait vers l'abîme ; et puis je me suis réveillé, accablé de tristesse, de léthargie et de peur, Le message est clair dans l'adaptation féminisée par Sand du mythe d'Icare : une femme qui aspire à transcender son genre est condamnée«. 

La phrase a été interprétée comme une description du rêve de l'héroïne de s'envoler avec des ailes, ainsi que comme une description d'une femme essayant de s'élever au-dessus de son rôle accepté. 
Le début de l’utilisation du terme « plafond de verre » remonte à mai 1978, lorsque Marilyn Lowden l’a lancé lors de son discours lors d’une séance de discussion tenue à New York, sur les ambitions des femmes et les obstacles pour atteindre leurs objectifs. 
Mais d'autres sources affirment que la première utilisation du terme a été faite par les Américaines Catherine Lawrence et Maren Schipper en 1978 lors de l'assemblée annuelle conférence du Centre des femmes pour la liberté de la presse à Washington, où elle a évoqué le « plafond de verre ». Elle a déclaré que les entreprises américaines prétendent que le ciel est leur limite, mais en réalité, ce ciel a un plafond de verre invisible qui limite le progrès des femmes.
Le terme apparaît à nouveau sous forme écrite dans une interview de l'écrivain et journaliste anglais Gay Bryant en mars 1984, publiée par le magazine américain Adweek. À cette époque, Bryant affirmait que les femmes atteignent un niveau précis dans l'échelle de carrière et s'y arrêtent sans cela, il est clair pourquoi. Parce que la barrière est comme un plafond invisible. 
Le terme s'est répandu plus largement après sa mention dans un rapport publié par le Wall Street Journal le 24 mars 1986 Le rapport, préparé par Karl Hymowitz en coopération avec Timothy D. Schilderdt, s'intitulait « Le plafond de verre : pourquoi Les femmes ne peuvent pas briser la barrière invisible qui les empêche d'accéder aux postes de direction ? » et a abordé les obstacles intangibles auxquels les femmes sont confrontées dans les institutions et les entreprises et qui les affectent plus que la discrimination déclarée . 
En 1991, le Congrès américain s'est arrêté au fait que davantage de femmes entraient sur le marché du travail, mais leur représentation aux postes de direction était encore limitée. C'est pourquoi le Congrès a décidé, pour lancer un comité du plafond de verre, pour découvrir quelles sont les raisons qui empêchent les femmes et les minorités d'accéder aux plus hauts rangs .La Commission « Plafond de verre », publié son rapport en 1995, concluait que la faiblesse des données relatives à l'emploi dans les entreprises et à l'ampleur de la diversité parmi les personnes qui y sont affiliées, conduit par conséquent à un faible pourcentage d'autonomisation des femmes dans les postes de direction . 
En effet, c’est à cette époque que fut fondée la « Federal Glass Ceiling Commission ». Cette commission dispose de moyens importants, et est constituée de 21 membres. Ses fonctions principales sont d’une part d’identifier les obstacles à l’avancement des femmes dans le milieu du travail, et d’autre part d’y apporter des solutions. Plus tard, en 1997 le BIT formula une définition plus détaillée du plafond de verre.
Ensuite, en 2004 un Label Egalité a été mis en place en France afin de valoriser l'égalité hommes-femmes et la mixité professionnelle. Cependant, les critères d’attribution de ce label sont fort subjectifs.
En Belgique, le Label Social a été instauré en 2002. Celui-ci a notamment pour critère d’attribution l’égalité hommes-femmes. Plus récemment, en 2007 un Label Diversité a été mis en place. Celui-ci a pour objectif de promouvoir la diversité sur les lieux de travail en Belgique, et de soutenir les organisations qui développent une politique de diversité. Ainsi, ce Label permet notamment de renforcer l’égalité hommes-femmes. Par ailleurs, notons que d’autres incitations et législations ont été mises en place afin de promouvoir l’avancement des femmes dans le milieu du travail. 
La diffusion du terme s'est accrue, et il s'est transformé en une théorie étudiée et enseignée.

La Sociologie selon Weber et Durkheim  Une Science de l'Activité Sociale et des Institutions

la sociologie``:: Nous appelons sociologie  une science qui se propose de comprendre par interprétation l’activité sociale et par là d’expliquer causalement son déroulement et ses effets.

Nous entendons par « activité » un comportement humain quand et pour autant que l’agent ou les agents lui communiquent un sens subjectif. Et par activité « sociale » l’activité qui, d’après son sens visé par l’agent ou les agents, se rapporte au comportement d’autrui, par rapport auquel s’oriente son déroulement.

La définition de la sociologie que Max Weber propose dans les premières pages d'Economie et société est la suivante : « Nous appelons sociologie (…) une science qui se propose de comprendre par interprétation l’activité sociale et par là d’expliquer causalement son déroulement et ses effets. Nous entendons par « activité » un comportement humain (…) quand et pour autant que l’agent ou les agents lui communiquent un sens subjectif. Et par activité « sociale », l’activité qui, d’après son sens visé par l’agent ou les agents, se rapporte au comportement d’autrui, par rapport auquel s’oriente son déroulement »  . 

Selon Durkheim, la sociologie serait « la science des institutions, de leur genèse et de leur fonctionnement ». Pour lui, une institution veut dire, « toutes les croyances et tous les modes de conduite institués par la collectivité »

La Conception de la Société et des Faits Sociaux selon Durkheim

Pour Durkheim, une société n’est pas un groupe d’individus qui habitent dans le même endroit géographique, elle est « avant tout un ensemble d’idées, de croyances, de sentiments de toutes sortes, qui se réalisent par les individus ». Elle indique une réalité qui est produite quand des individus agissent l’un sur l’autre, ce qui résulte dans la fusion des consciences individuelles. Cette réalité est sui generis, c’est-à-dire qu’elle est irréductible à ses parties composantes. Elle est plus que la somme de ses parties et est d'un ordre complètement différent des parties dont elle est composée. La société et les phénomènes sociaux ne peuvent être expliqués que dans des termes sociologiques. Les termes biologiques ou psychologiques sont insuffisants, et les faits sociaux ne peuvent pas être réduits aux formes matérielles d’une société et ses nécessités vitales, comme est fait dans le matérialisme historique. 

Pour mieux déterminer et analyser le contenu de cette réalité psychique, Durkheim invente le concept de fait social. Les faits sociaux sont essentiels, puisqu’ils constituent et expriment la conscience collective d’une société. 

Telle est la définition de la sociologie que Weber propose dans les premières pages d'Économie et société. Par cette définition, il fait de la sociologie une science de l'action sociale, en opposition à l'approche holiste de Durkheim, pour qui la sociologie est science des faits sociaux.

L’individu dans la sociologie wébérienne et durkheimienne :

La place de l’individu dans la sociologie wébérienne :

Si on peut admettre que l’individu est le point de départ des analyses wébériennes, force est de reconnaître que cette idée a été, dans la réception de ses écrits, traduite de différentes manières. Elle est présentée tantôt comme une visée méthodologique, tantôt comme une visée qu’on pourrait qualifier d’« existentielle », selon les deux grandes interprétations du leitmotiv de l’oeuvre de Max Weber. La première interprétation renvoie au développement de la thématique de rationalisation et au projet tardif de développer un paradigme wébérien, une école qui n’a jamais pris forme du vivant de l’auteur.

 La seconde interprétation renvoie quant à elle à la problématique du destin de l’individu moderne. Au-delà de ces lectures opposées, il est possible d’argumenter que l’individu se manifeste, dans la sociologie de Weber, sous trois facettes différentes — polémique, méthodologique et existentielle — qu’il convient ici de relever, et de mettre en relation.

Le concept d’individu est bien ancré dans l’époque de Weber. Parce qu’il s’oppose aux

notions collectives de la fin du xixe siècle, ce concept a pour lui une fonction polémique.

En effet, on peut concevoir le concept d’individu comme une critique des conceptions marxistes, romantiques et organicistes de la «société», un concept que Weber était d’ailleurs soucieux d’éviter. Dans une tradition toute kantienne, seul l’individu agissant et souffrant offre, pour Weber, une prise possible sur le réel, les conceptions collectives, la communauté, l’État n’existant que dans la tête des individus. L’individu «objectivé» est à la base de la méthode wébérienne

La place de l’individu dans la sociologie durkheimienne:

Les sociologues n’ont cessé d’être embarrassés par la question de l’individu. Apparente évidence de l’expérience immédiate, cette notion n’en est pas moins chargée d’une profonde ambivalence. Émile Durkheim, le fondateur institutionnel de la sociologie française, inscrivait ainsi sa discipline autant contre le déterminisme biologisant très influent à son époque que contre la psychologie, chacun porteur d’une certaine morale. Pour lui, « la première règle et la plus fondamentale est de considérer les faits sociaux comme des choses » (Les règles de la méthode sociologique), autrement dit porter l’analyse au niveau des appartenances collectives, à l’aide notamment des outils statistiques, pour y repérer les déterminations premières des agissements humains, indépendamment des désirs et affects individuels. 

Une règle dont il démontre la portée heuristique dans sa célèbre étude sur le Suicide. Il voit par ailleurs l’individualisation des consciences comme la résultante de la division du travail social. 

Radicalisant cette vision, certains n’hésitent pas à présenter l’individu comme un « mythe », dont les effets politiques et moraux ne se font que trop sentir aujourd’hui. Cela n’empêche cependant pas Durkheim d’employer par ailleurs abondamment le terme d’ « individu », et même de promouvoir un certain individualisme « abstrait » dont l’objet est « la glorification, non du moi, mais de l’individu en général [et qui] a pour ressort non l’égoïsme, mais la sympathie pour tout ce qui est homme, une pitié pour toutes les misères humaines, un plus ardent besoin de les combattre et de les adoucir, une plus grande soif de justice » (« L’individualisme et les intellectuels ».

Durkheim défend ainsi une certaine conception de l’individualisme, expliquant que « pour faire plus facilement le procès de l’individualisme, on le confond avec l’utilitarisme étroit et l’égoïsme utilitaire de Spencer et des économistes » et s’emporte en exhortant « qu’on ne vienne donc pas dénoncer l’individualisme comme ennemi qu’il faut combattre à tout prix ! On ne le combat que pour y revenir, tant il est impossible d’y échapper » - l’action sociale étant entendue comme une activité dirigée consciemment vers autrui -, Max Weber a inauguré un courant d’analyse bel et bien concurrent, restituant un rôle premier à l’intention du sujet agissant. Cette position contribue cependant à raviver jusqu’à aujourd’hui la polémique entre les tenants du « holisme » et ceux de l’ « individualisme méthodologique ».

La sociologie de l'action :

Une sociologie de l'action n'est pas une sociologie des valeurs, mais une étude de la création des valeurs, considérées comme des orientations normatives de l'action et dont la raison d'être ne doit pas être cherchée ailleurs que dans l'action elle-même, c'est-à-dire dans le double mouvement par lequel le sujet pose hors de lui un objet et affirme son autorité sur cet objet, manifestant ainsi sa capacité d'action.

La sociologie de l'action historique est la démarche sociologique à la fois la plus proche et la plus éloignée de l'analyse historique. La plus proche, parce que l'histoire étudie d'abord le devenir, c'est-à-dire l'invention d'objectifs, de normes, d'Å“uvres, la création de situations matérielles et de rapports sociaux nouveaux, plutôt que l'adaptation des individus et des groupes à des normes institutionnalisées. La plus lointaine, parce qu'elle ne considère pas l'acteur concret, personnage ou nation, mais la relation du sujet à lui-même à travers ses Å“uvres. 

 Structure, agents et action :

Il existe deux grandes manières d’appréhender l’action en sociologie ;

  • Le premier : est fonctionnaliste ou structuro-fonctionnaliste : elle consiste à expliquer 
  • les conduites individuelles en les concevant comme l’expression mécanique d’un ordre de déterminations qui leur pré-existe et en façonne la conformité.

Cet ordre de déterminations a une double origine :

  • Un système stable de normes sociales intériorisées par les agents.
  • Une structure hiérarchisée des positions sociales dans une société stratifiée.

Cette manière d’appréhender l’action admet donc le principe de “non-conscience” de l’agent dont on a pu dire qu’elle était “la condition sine qua non de la constitution de la science sociologique”. Lorsqu’on adopte ce principe, ce que les acteurs font lorsqu’ils agissent en commun n’est pas une donnée pertinente dans l’explication de la nature réelle de l’action.

  • La seconde manière d’engager l’analyse est interactionniste : elle consiste à concevoir
  • l’action de façon dynamique, comme un processus dont le terme n’est pas fixé a priori et dont la forme se constitue dans le déroulement temporel des échanges qui la composent.
  • L’accomplissement de ce processus requiert la participation active des individus qui y sont impliqués.

Cette conception admet donc l’existence d’acteurs qui assurent la coordination et la continuité de l’action, en faisant usage de principes d’ordonnancement des échanges (règles d’adéquation, de réciprocité, de catégorisation, de politesse, d’étiquette et savoir de sens commun, etc.) qu’ils mettent en application dans le cours même de l’action tout en vérifiant, incessamment, qu’ils le font de façon correcte.

Ces deux manières d’envisager l’action proposent des modèles d’analyse rivaux et opposés ; et le cadre dans lequel ces modèles s’appliquent est différent : la société globale pour le structuro-fonctionnalisme ; la situation pour les interactionnismes. 

Il existe une troisième manière d’appréhender l’action en sociologie : celle qu’adopte Alain Touraine (1965), afin d’expliquer les formes collectives et politiquement organisées de

revendication d’un changement social. Mais cette approche ne vise pas, comme des deux autres, à échafauder une théorie sociologique de l’action - en considérant celle-ci comme

un phénomène social de plein droit

La théorie de l'action :

Théorie de l'action peut-être interprétée comme une volonté de conserver la rigueur du positivisme dans les sciences sociales en y associant une dimension subjectiviste. L'idée que l'action humaine soit mue par une volonté, par une motivation est centrale dans sa compréhension de l'acte humain. Il considère que les sciences sociales doivent poser les questions des fins, des buts et des idéaux qui motivent l'action individuelle, il se place ainsi en opposition aux courants purement béhavioristes et matérialistes. Il se met ainsi à dos les défenseurs du déterminisme social. Parsons est principalement connu pour sa théorie de l'action selon laquelle tout sujet social s'oriente en fonction des valeurs qu'il s'est lui-même choisi. Ces orientations interagissent et aboutissent à un équilibre tributaire de cinq variables dichotomiques: 

neutralité ou affectivité ;spécificité ou vague de l'attitude ;universalité ou particularité ;

  • qualité attribuée ou performance réalisée (ascription / achievement) ;orientations individuelle ou collective.
  • L'ensemble social est défini comme un ensemble d'actions. Un découpage de l'action en quatre éléments essentiels, « l'action suppose un acteur, une situation partiellement contrôlée par lui, une combinaison de fin et de moyen soumis au choix de l'acteur par des critères normatifs . C'est le processus de socialisation, à travers lequel tout individu devient porteur de son système social.  Cette théorie repose sur quatre fonctions : 
  • Adaptation au milieu environnant physique et social ;Goal-Attainment (poursuite des buts) ;Integration des membres dans le système social ;Latent function (stabilité latente).
  • La théorie de l'action est l'étude de la nature de l'action humaine, qu'elle soit individuelle ou collective. Les différentes disciplines qui s'intéressent à la théorie de l'action sont la philosophie de l'action, la sociologie de l'action ainsi que l'économie. 
  • Les différentes branches de la théorie de l'action sont: la méta-théorie de la théorie de l'action objet avant tout de la philosophie et plus particulièrement de la philosophie analytique ;
  • la théorie de l'action rationnelle; la théorie empirique de l'action qui décrit les comportements des individus ou groupes sociaux;
  • la théorie de l'action normative dont l'éthique représente le type le plus riche et le plus ancien. 

Le fait social selon Émile Durkheim :

 « La première règle et la plus fondamentale est de considérer les faits sociaux comme des choses » .

Selon Durkheim, les faits sociaux ont une réalité objective qui peut être étudiée comme un physicien étudie le monde physique. Il faut ajouter un corollaire important à cette définition et rappeler que les faits sociaux sont aussi internes aux individus, et qu’il n'y a qu'à travers les individus que les faits sociaux peuvent exister. 

Comme les faits sociaux sont extérieurs à l'individu et doivent être expliqués « par les modifications du milieu social interne et non pas à partir des états de la conscience individuelle » afin de ne pas confondre les faits sociaux avec d'autres variables telles que la psychologie du sujet, son contexte familial, culturel, etc.,

 Ces faits sociaux existent sans que nous ayons nécessairement conscience ni de leur existence ni de leur autonomie. En effet, un fait social peut être indépendant de l'individu, les fait sociaux existent « indépendamment de [leurs] manifestations individuelles ».

 Le fait social s'impose à l'individu, qu'il le veuille ou non, et non le contraire. Il correspond à un système de normes établies pour et par la société et n'est que rarement modifiable autrement que par un bouleversement social ; Un des critères pour reconnaître les faits sociaux consiste à déterminer la résistance au changement d’une chose : « on reconnaît principalement un fait social à ce signe qu'elle ne peut pas être modifiée par un simple décret de la volonté »

Ça ne veut pas dire qu’ils ne peuvent pas changer, mais il faut un effort laborieux pour le faire. Cette qualité des faits sociaux est liée à leur caractère contraignant qui se voit à travers diverses institutions sociales, qu'elles soient formelles ou non ;

Un autre moyen pour déterminer un fait social consiste en l’usage de statistiques, qui permettent de neutraliser les variations entre individus et finalement d'étudier une moyenne qui, pourtant, ne sera pas apparente dans la société, ceci à cause des variables précédemment citées. « Le fait social représente donc « un certain état de l'âme collective ». 

En exposant le concept du fait social, Durkheim présente comment la société, par l'intermédiaire des faits sociaux, influence la manière de penser et d'être d'un individu. Bien qu’au début de sa carrière, Durkheim se concentrait principalement sur la nature contraignante, et donc négative, des faits sociaux, il privilégia peu à peu, dans ses Å“uvres plus tardives, le côté positif des faits sociaux, c’est-à-dire leur nature libératrice.

Durkheim montre comment faire une analyse sociologique des faits sociaux. Dans Division, il examine comment la démographie et la technologie des transports et de la communication peuvent changer la conscience collective d’une société. Durant son étude Le Suicide, Durkheim cherche à prouver que ce fait social, qui peut sembler si dépendant de notre volonté, de notre liberté d'action, dépend également de facteurs sociaux. Durkheim cherche, à travers ce célèbre ouvrage, à trouver ces facteurs. Dans Les Formes, il analyse la religion, la pensée logique et la langue comme des faits sociaux d’origine sociale. Il étudie également la moralité comme fait social à plusieurs reprises, notamment dans son article « La Détermination du fait moral ». 

C’est-à-dire que l’on ne sait pas ce que signifie les phénomènes sociaux qui nous entourent. Il n’y a pas de conception scientifique. Lorsque l’on observe un fait social, il faut se débarrasser de tout préjugé et la difficulté vient de ce que le questionnement sociologique recouvre souvent des considérations de sens commun, et par-là des présupposés et des préjugés. La sociologie est une science, et ce n’est pas parce qu’elle porte sur des comportements humains immédiatement compréhensibles qu’elle peut se contenter de reproduire les réflexions du sens commun.

 A l’instar de toutes ses consÅ“urs, elle doit non seulement faire des découvertes ou du moins établir des faits, mais en plus leur chercher des modèles explicatifs efficaces et non pas simplement plausibles.

Il faut donc une distance par rapport aux choses, ne pas s’y impliquer émotionnellement. En cela, la compréhension d’un phénomène ne peut résulter que de son traitement objectif.

La sociologie doit rechercher la cause du phénomène et sa fonction sociale (les faits). Elle pourra alors avoir une fonction curative, c’est-à-dire guérir les sociétés malades et en reconnaître les maux. 

"La caractéristique du fait social, c’est qu’il exerce une contrainte sur l’individu"

Durkheim met en évidence qu’un phénomène social peut être reconnu car il s’impose à l’individu en tant que contrainte. Cette contrainte apparaît comme un sentiment coercitif qui s’impose à tous et qui engendre une réaction collective. 

Par ailleurs, dans son ouvrage "De la division sociale du travail" (1893), il distingue deux types de sociétés : 

A solidarité mécanique où la différence entre les individus a peu d’importance, ce qui est primordial c’est la cohésion interne qui résulte d’une conscience collective forte (notion de groupe). 

A solidarité organique où il y a une division du travail, où les hommes sont des individualités différenciées, chacun ayant une tache spécifique. La cohésion sociale est possible grâce à la complémentarité des fonctions de chaque individu.

Après avoir expliqué ce qu’un fait social est, Durkheim introduit des règles pour leur étude, la première et plus importante étant de traiter les faits sociaux comme des choses. Effectivement, l'étude du fait social en tant qu'objet n'a pas pour intention de le ramener à un sujet purement matériel, mais plutôt de lui donner une forme concrète afin d'éviter un glissement vers une sociologie spontanée et subjective. Il faut avant tout définir le fait social objectivement pour donner une légitimité à son étude, le distinguer de l'idée. 

Pour instaurer cette nouvelle discipline qu'est la sociologie, Durkheim exprime sa volonté d'installer une méthodologie spécifique garantissant sa scientificité et sa spécificité. « Il n'y a, en effet, qu'un moyen de faire en science, c'est de l'oser, mais avec méthode » (De la Division du travail social). Un point important de l'étude sociologique est l'objectivité du sociologue : comment étudier un objet qui, dès le départ, conditionne l'observateur ? L'observation doit être la plus impersonnelle possible, se débarrassant de ses préjugés pour éviter toute déformation perceptive, mais ne le sera jamais parfaitement. C'est pourquoi la méthode de Durkheim s'appuie sur la comparaison plutôt que sur l'étude d'un fait social pris indépendamment.

Le fait social sera étudié en fonction des autres faits sociaux et non en fonction de la personne qui l'étudie. De plus Durkheim, suivant un programme de réalisme social, étudiera tout fait social par le social, sans s'appuyer sur une étude psychologique des acteurs alors soumis aux contraintes sociétales. 

 L'action sociale selon Max Weber :

   Contrairement à Durkheim, Weber établit donc que la compréhension d’une activité ouvre sur la saisie du sens que le sujet attribue à sa conduite, sans considération liminaire des signes objectifs de son inscription dans le monde social, ou de son extériorité factuelle par rapport à la conscience pratique du sujet. La compréhension wébérienne se définit d’emblée comme la reconstruction objective d’un processus cognitif. Si l’activité fait sens pour le sujet, c’est parce qu’il ne peut manquer d’associer à sa conduite effective un fait de conscience spécifique : « Le processus extérieur du comportement [...] revêt des formes extrêmement diverses dont la compréhension ne peut être atteinte qu’à partir d’expériences subjectives, de représentations, des fins poursuivies par les individus – c’est-à-dire à partir de la “signification” de ce comportement..

La notion wébérienne de compréhension se clôt ici sur la notion d’explication causale, qui assure une transition finale entre la catégorie du rationnel et la catégorie du réel.

 L’explication causale permet de corroborer objectivement la validité des éléments significatifs, obtenus par l’interprétation rationnelle. Elle mesure, dans un accord avec les données générales de l’expérience, la pertinence du caractère d’évidence émis par hypothèse avec la manifestation extérieure et causalement vérifiable de l’activité sociale.

Cette adéquation explicative entre l’activité telle qu’elle a effectivement lieu et la signification qui lui est attribuée selon le postulat de la rationalité téléologique permet d’évacuer l’ambiguïté du rapport entre compréhension et explication. 

Weber n’aurait pas éclairci le rapport entre une herméneutique visant la compréhension motivationnelle et une analyse de type causal visant à l’établissement de règles empiriques techniquement exploitables. En fait, l’ambivalence du rapport entre compréhension et explication tient surtout à ce qu’il met en jeu, pour un même objet, un mode d’administration de la preuve qui emprunte à deux théories de la connaissance hétérogènes. La notion wébérienne de « compréhension » ne se réduit pas à la continuité cognitive que réclament aujourd’hui les « sociologies compréhensives » entre connaissance ordinaire et connaissance scientifique. Elle s’élucide au contraire dans les notions qui appartiennent à son extension logique : le sens subjectivement visé, l’interprétation rationnelle et l’explication causale.

En sciences sociales, l'action sociale, fait référence à une action qui prend en compte les actions et réactions des autres. Selon Max Weber, qui fut le premier à développer la notion, une action est « sociale » si l'individu qui agit tient compte du comportement des autres et qu'il en est orienté dans son action. 

La conceptualisation première fut développée par Max Weber dans une démarche scientifique visant à comprendre comment le comportement humain peut s'expliquer par une causalité de nature sociale. Selon lui, la sociologie étant l'étude de la société par l'observation des comportements, il convient de se centrer sur les interactions sociales. 

La théorie de l'action sociale suppose que les humains agissent différemment en fonction de contextes sociaux et de la réaction d'autrui ; lorsqu'une réaction possible est vue comme non souhaitable, l'action est modifiée en conséquence. Il peut s'agir d'une action primaire (ayant un « sens »), ou d'une action sociale secondaire, qui non seulement a un sens, mais est dirigée vers d'autres acteurs et provoque l'action (ou l'inaction). 

L'individu qui réalise l'action sociale n'est pas passif, mais actif et réactif. Bien que Weber ait lui-même utilisé le mot « agentivité », en sciences sociales contemporaines, ce terme est souvent utilisé au sens wébérien d'action sociale. De la même manière, la « réflexivité » est couramment utilisée en abrégé pour faire référence à la relation circulaire de cause à effet entre la structure et l’agentivité dont Weber soutenait l’hypothèse. 

Max Weber explique l'action sociale par une contingence d'actions individuelles qui ne sont pas nécessairement tous issues du même type de rationalité, et selon son approche elle est explicative des phénomènes sociaux observés. 

Weber, dans son analyse des motifs des actions, propose sa célèbre typologie des déterminants de l'action. Pour Weber, les actions sociales ressortissent à quatre types fondamentaux : l'action peut être

a) traditionnelle 

b) affective

c) rationnelle en valeur ou, enfin, 

d) rationnelle en finalité. 

  1.  L'action traditionnelle correspond aux types d'actions quasi « réflexes », « mécaniques » qui sont le produit de l'habitude, et où le sens et les motifs constitutifs de l'action ont, pour ainsi dire, disparu par répétition. 
  2. L'action affectuelle est le type d'acte commis sous le coup d'une émotion. 
  3.  L'action rationnelle en valeur correspond aux actions par lesquelles un acteur cherche à accomplir une valeur. 
  4. La spécificité de l'analyse de Weber est qu'il insiste sur le fait que si le but de ce type d'action (la valeur) est irrationnel  c'est en cela que l'action est rationnelle en valeur. 
  5. Enfin, l'action rationnelle en finalité correspond aux types d'action pour lesquels l'acteur détermine rationnellement à la fois les moyens et les buts de son action.

Conclusion :

Weber parle d'action sociale pour désigner un comportement humain orienté vers autrui, auquel l'acteur donne un sens. ... Pour Durkheim, à la différence de Weber, les faits sociaux doivent être analysés comme des choses, c'est-à-dire sur le modèle des sciences de la nature.

La sociologie doit comprendre, puis expliquer, l’action sociale. Elle s’intéresse aux actions sociales et se demande quel sens donnent les acteurs à leurs actions, pour ensuite expliquer pourquoi tel sens a conduit à telle ou telle action. Weber parle d’action sociale pour désigner un comportement humain orienté vers autrui, auquel l’acteur donne un sens.

Pour Weber, la sociologie est une science de l’action sociale. A la différence de Durkheim, il s’agit moins de comprendre chez Weber la société et ses institutions que d’analyser, à un niveau microsociologique.

 Les actions individuelles ou les formes de relation interindividuelles. Même s’il faut se garder de toute simplification de type Weber - individualiste - Durkheim holistes, il est certain que la sociologie Wébérienne donne une place importante à l’individu.

"La sociologie ne peut procéder que des actions d’un, de quelques ou de nombreux individus séparés. C’est pourquoi elle se doit d’adopter des méthodes strictement individuelles"

Dans cette conception, le sociologue doit comprendre les intentions que les individus donnent à leurs actions, lesquelles, compte tenu des contraintes de la situation, constituent le tout social singulier étudié.

La réalité sociale ne peut s'expliquer uniquement par des liens de causalités comme c'est le cas dans le domaine des sciences naturelles. Weber postule que la sociologie, l'histoire et l'économie sont des « sciences de la culture ». Elles doivent être étudiées selon une méthode propre. Pour Durkheim, à la différence de Weber, les faits sociaux doivent être analysés comme des choses, c'est-à-dire sur le modèle des sciences de la nature.

 Résumé.

Émile Durkheim, Max Weber sont considérés comme les pères fondateurs de la sociologie moderne. Chacun illustre une tradition sociologique opposée.

Emile DURKHEIM (1858 - 1917):

  • «Traiter les faits sociaux comme des choses » ou l’incohérence durkheimienne.
  • Il faut considérer les faits sociaux comme des choses.

Durkheim est le père de l’holisme méthodologique:

  •  Le « tout » est supérieur et antérieur à la partie.

Max WEBER (1864 - 1920) : 

  • Une sociologie de l’action sociale
  • La sociologie est présentée comme une science qui propose de comprendre par « interprétation » l’activité sociale ainsi que d’expliquer « causalement son déroulement et ses effets ».
  • L’activité est un comportement humain à qui l’on donne un « sens subjectif ».L’activité sociale est l’interaction entre les différentes personnes concernée par l’activité

Weber est le fondateur de l’individualisme méthodologique :

  •  On ne peut comprendre les faits sociaux en dehors des individus qui entrent en interaction.

 L'injustice testimoniale sans préjugés

Le porte-parole autoproclamé n'est pas seulement une application spécifique de l'injustice testimoniale, il élargit la catégorie parce qu'il est injuste quel que soit le préjugé des auteurs. 

Fricker, est « attaché à une définition de l'injustice de témoignage comme impliquant nécessairement un préjudice » Les préjugés sont cruciaux pour Frickercar les déficits de crédibilité peuvent survenir pour un certain nombre de raisons, qui ne sont pas toutes éthiquement ou épistémiquement blâmables .

Les préjugés sont cruciaux pour Frickercar les déficits de crédibilité peuvent survenir pour un certain nombre de raisons, qui ne sont pas toutes éthiquement ou épistémiquement blâmables.

L'éducation peut être un marqueur approprié de crédibilité, par exemple, mais lorsque certains groupes sont systématiquement privés « d'un accès à une éducation décente, l'utilisation de ces marqueurs pour évaluer la crédibilité aura tendance à exclure ces groupes d'une participation ultérieure à l'enquête ».

Lorsque nous parlons au nom d'un autre individu qui n'a pas donné son autorisation, ou au nom d'un groupe dont il n'est pas membre ou dont il n'a pas reçu l'autorisation, nous outrepassons nos limites épistémiques.

Quelle que soit la cause de la prise de parole autoproclamée, aussi bien intentionnée soit-elle (ou involontaire), les victimes sont encore épistémiquement écartées, toujours empêchées d'apporter leur propre contribution à leur manière.

La prise de parole autoproclamée est un type d'injustice de témoignage parce qu'elle partage la structure conceptuelle et les préjudices de l'injustice testimoniale : les victimes sont lésées en tant que donneurs de savoir pour des raisons à la fois éthiquement et épistémiquement coupables.

Contrairement à d'autres types de l'injustice testimoniale, cependant, l'acte de parler pour soi-même est intrinsèquement une injustice de témoignage. 

Aucune attitude préjudiciable n'est nécessaire car se désigner pour parler au nom des autres ne peut se faire sans les exclure d'apporter à leur manière leurs propres contributions épistémiques.

Les objections du porte-parole autoproclamé

Il y on a trois objections selon laquelle la prise de parole autoproclamée est un cas central d'injustice de témoignage sans préjudice. 

Premièrement: le préjugé sous-tend toujours la parole autoproclamée –

L'analyse de Frickerde l'injustice des témoignages repose sur l'affirmation selon laquelle les préjugés sont à la fois répandus et subtils : la plupart (ou tous) d'entre nous sont lésés d'une manière ou d'une autre ;nos préjugés vont souvent à l'encontre de nos croyances conscientes d'une manière que nous ne reconnaissons jamais

Quelles que soient les motivations du locuteur, qu'elles soient mauvaises ou bonnes, le parler-pour autoproclamer apporte une contribution épistémique au nom de quelqu'un sur laquelle il n'a aucun contrôle et par laquelle le locuteur usurpe la place de la victime dans la communauté épistémique

Considérez la folkloriste de Cordova: il n'est pas du tout clair que les préjugés (même un préjugé positif sur les personnes de son propre groupe) soient la raison pour laquelle elle se charge d'enregistrer et de diffuser des histoires autochtones, et -surtout -peu importe ses motivations. 

deuxièmement: cette parole autoproclamée -car ce n'est pas , 'injustice testimoniale ou une sorte d'injustice, mais un type de méfait moindre comme l'impolitesse.

Frickerest clair que l'injustice testimoniale se produit à des intensités variables les cas mineurs d'injustice ponctuelle en matière de témoignage sont des événements quotidiens qui passent souvent inaperçus, même pour les victimes .

Les victimes sont prises en charge mais retrouvent rapidement la possibilité d'apporter leur contribution. Cependant, tout comme de nombreux cas de l'injustice testimoniale sont beaucoup plus pernicieux que cela, il en va de même pour de nombreux cas de prise de parole autoproclamée. 

Enfin: peut-être que la parole autoproclamée est parfois nécessaire et donc pas (ou pas toujours) une injustice.

Les hommes, par exemple, interrompent et parlent plus fréquemment au-dessus des femmes que l'inverse.

Les torts de la parole autoproclamée attirent notre attention sur l'importance d'avoir le statut approprié pour représenter un autre individu ou groupe. 

Se nommer pour parler au nom d'un autre peut donner à leur point de vue une plate-forme qu'ils n'auraient autrement jamais reçue, ou garantir des avantages matériels qu'ils auraient autrement perdus, ou promouvoir la justice pour les personnes dans leur situation, mais cela ne peut pas éviter également de les dénigrer en tant que donneurs de leur propre connaissance et courir le risque sérieux de les dénaturer. Le parler autoproclamé reflète inévitablement la forme et les méfaits de l'injustice testimoniale.

L'injustice de l'auto-proclamation : une marginalisation épistémique centrale

La prise de parole autoproclamée est un cas central d'injustice de témoignage parce qu'elle partage la forme conceptuelle de IT consistant à faire du tort aux victimes en leur qualité de donneurs de connaissances pour des raisons à la fois éthiquement et épistémiquement coupables.

•Le parler-pour autoproclamer nous aide à mieux comprendre la nature de l'injustice épistémique en élargissant IT pour inclure un type d'action qui ne nécessite pas d'attitudes préjudiciables.

•Comme d'autres types de IT -le fait de parler pour soi-même n'est pas une faute mineure qui devrait être en marge de nos préoccupations dans un monde où règnent de nombreuses autres formes d'injustice.

•Parler pour soi-même est une forme centrale de marginalisation épistémique.

L'Impact des Relations de Pouvoir sur la Compréhension de l'Expérience Féminine

Le féminisme s'intéresse depuis longtemps à la manière dont les relations de pouvoir peuvent limiter la capacité des femmes à comprendre leur propre expérience, l'absence d'une bonne compréhension de ce que les hommes faisaient aux femmes lorsqu'ils les traitaient que ce soit parce qu'elle est discriminatoire ou parce qu'elle est autrement injuste, plus précisément, les relations de pouvoir inégales empêchaient les femmes de participer sur un pied d'égalité avec les hommes à ces pratiques.

La Marginalisation Herméneutique par le Pouvoir Matériel et Identitaire

Parfois, la marginalisation d'une personne sera un effet du pouvoir matériel, de sorte que son milieu socio‐économique a mis les types d'emplois qui permettent une pleine participation herméneutique largement hors de sa portée. Parfois, ce sera un effet du pouvoir identitaire, de sorte qu'une partie de l'explication pour laquelle ils n'ont pas ces emplois est qu'il existe des stéréotypes préjudiciables dans l'atmosphère sociale qui les représentent comme inadaptés et qui influencent négativement les jugements des employeurs. Ou, très probablement, il peut s'agir d'un mélange des deux.Si le pouvoir identitaire est à l'Å“uvre, il peut l'être de manière purement structurelle, dans la mesure où il peut n'y avoir aucun agent social (individuel ou institutionnel) identifiable comme responsable de la marginalisation, par exemple, les stéréotypes du plafond de verre  irresponsable par les employeurs pour expliquer pourquoi ils n'emploient pas des femmes. , le pouvoir identitaire est utilisé contre les femmes d'une manière qui menace  pour les marginaliser hermétiquement en les excluant des types d'emplois qui permettent une participation herméneutique plus complète.

Le Plafond de Verre : Une Forme d'Injustice Épistémique et de Marginalisation Sociale

 La notion de discrimination et marginalisation (la notion du plafond de verre) est une notion indiquant la subordination et l'exclusion d'une pratique qui aurait de la valeur pour le participant , si elle a un emploi bien rémunéré dans une grande entreprise avec une éthique de travail machiste, elle peut être totalement incapable de formuler des significations, même pour elle-même, concernant la nécessité de conditions de travail favorables à la famille (de tels sentiments ne peuvent que signaler un manque de professionnalisme, un manque d'ambition, un engagement timide envers le travail), ainsi la complexité de l'identité sociale fait que la marginalisation frappe les individus de manière différenciée ; c'est-à-dire qu'elle peut les affliger en tant que type social, mais pas en un autre, c’est : l’injustice d'avoir un domaine important de son expérience sociale obscurci de la compréhension collective en raison d'une marginalisation persistante et étendue, nous pouvons dire maintenant que le plafond de verre est une forme d’injustice épistémique.

Le plafond de verre et l'injustice herméneutique: 

L'injustice testimoniale s'accompagne souvent d'une injustice herméneutique, c’est le deuxième type d'injustice épistémique qui se produit selon Fricker (2007) lorsqu’il y a des lacunes conceptuelles dans lesquelles les membres d’un groupe social n’ont pas les ressources conceptuelles pour comprendre et décrire des expériences sociales particulières. Elle définit comme l’injustice pour une personne d’être incapable d’interpréter adéquatement certains aspects de son expérience sociale en raison de lacunes dans les ressources herméneutiques collectives. C’est une injustice liée à la façon dont les gens interprètent leur vie. Fricker affirme que cela est également vrai pour d'autres groupes marginalisés (les victimes de harcèlement sexuel avant les années 1970 qui avaient de la difficulté à comprendre et à exprimer le comportement auquel elles étaient soumises, étant donné que le terme « harcèlement sexuel » n’avait pas encore été inventé).

Selon Fricker. Cela est dû en grande partie à l'exclusion des femmes d'une participation égale aux institutions qui aident les gens à donner un sens à leur vie. 

L’injustice herméneutique se produit lorsque les expériences de quelqu'un ne sont pas bien comprises en raison de l’exclusion. Elle parle de l’ignorance à laquelle sont soumises les personnes opprimées sur le plan herméneutique lorsque les ressources herméneutiques collectives ne rendent pas compte de leurs expériences et les empêchent par le fait même de les comprendre, d’autre part, elle aborde l’ignorance à laquelle sont soumis les membres de groupes privilégiés en raison de mauvaises pratiques épistémiques.

Medina envisage l’injustice herméneutique en mettant de l’avant les dynamiques communicatives problématiques qui minent la production et la transmission de la connaissance. Il considère que l’injustice herméneutique se produit lorsque des obstacles interprétatifs injustifiés affectent différemment les personnes quant à leur capacité à s’exprimer et à être comprises, en raison de pratiques communicatives problématiques qui minent la production et la transmission de la connaissance.   

Nous pouvons maintenant définir l'injustice herméneutique du genre subie par des femmes dans le plafond de verre c’est : l’injustice d'avoir un domaine important de son expérience obscurci de la compréhension collective en raison d'une marginalisation persistante et étendue, cela se reflète dans le plafond de verre avec les pratiques informelles (l’exclusion des femmes des hautes sphères de décision) mises en place au moment de la promotion.

Le plafond de verre et l’épistémologie de l’ignorance:

L’épistémologie de l’ignorance s’inscrit pleinement au croisement des réflexions sur les rapports raciaux et de genre. En effet, l’injustice épistémique, tout un système de connaissances est construit sur l’ignorance des savoirs provenant de groupes déshumanisés, ce système est injuste. 

Ainsi, tout en excluant la personne ou le groupe dont elle fait partie des processus de production de connaissance en tant que participant-es, on en s’appropriant leur connaissance sans la reconnaître comme telle. Ceci donne l’impression que la personne participe, tout en lui imposant une forme de silence par la non-reconnaissance de son agentivité.

 Fricker s’inspire pour cette forme d’injustice de l’objectification des femmes et du phénomène corollaire qui est la réduction des femmes au silence et leur exclusion des pratiques visant la production et la transmission de connaissance.  

Fricker, puisque ces situations sont créées par des structures collectives problématiques qui ne peuvent être résolues seulement par le développement d’attitudes épistémiques vertueuses, mais exigent plutôt le développement de processus visant à juguler la domination épistémique .Les manières d’interagir peuvent être égalitaires, mais elles sont trop souvent teintées implicitement ou explicitement par des mécanismes d’oppression et de domination , comme dans le plafond de verre et les barrières invisibles. Le manque de représentation de personnes appartenant à des groupes aux voix marginalisées risque d’entretenir la reproduction des stéréotypes racistes perpétués.Ces formes d’ignorance créent une forme de domination, la production de l’ignorance constitue une forme de domination épistémique. 

Le plafond de verre et la domination herméneutique (Catala) :

Une forme particulière de négation de la validité épistémique des apports de groupes marginalisés est théorisée e par Amandine Catala, « Democracy,Trust, and Epistemic Justice », sous le concept de domination herméneutique, que Catala définit comme une forme d’injustice herméneutique , il est ainsi refusé au groupe marginalisé le droit de donner un sens à sa propre expérience,  celles qui sont marginalisées par ces dernières, ne bénéficiant donc pas d’autant de ressources herméneutiques et de crédibilité. C’est une forme de « gaslighting » à grande échelle, qui se greffe et renforce une forme d’ignorance active.

On ne nie pas directement l’expérience du groupe opprimé, mais on refuse le sens que celui-ci donne à cette expérience en réitérant l’interprétation du groupe dominant après avoir pu avoir accès à celle du groupe marginalisé. « In this paper, I show that this deliberative masse results from a prior situation of social injustice, one of unequal power relations between different social groups, including inequalities in epistemic power ».  

Pour Catala, la domination herméneutique se trouverait à l’intersection des injustices testimoniale et herméneutique. La majorité écarterait à tort le témoignage de la minorité, rejetant ainsi la contribution herméneutique de celle-ci quant à une interprétation alternative d’une expérience ou une pratique sociale. Ce rejet équivaut à considérer la minorité comme épistémiquement inégale, puisque sa contribution est accueillie d’emblée par un doute sur sa crédibilité, constituant ainsi une injustice testimoniale. Minorité est donc informée par l’interprétation majoritaire dominant la collectivité, ce qui constitue, selon Catala, une domination herméneutique de la majorité sur la minorité, à l’intersection des injustices testimoniale et herméneutique, renforçant ainsi d’autres formes de domination et d’oppression.

 Le plafond de verre et   l’oppression épistémique (Dotson)

L’oppression épistémique se définit comme une exclusion épistémique persistante qui empêche ou limite la contribution d’une personne aux processus de production des savoirs.  

L’oppression épistémique désigne une forme d’exclusion persistante, ces formes d’exclusion compromettent la capacité d’une personne à contribuer à la production des savoirs qui sont en fait des ramifications de l’oppression sociale. Il est possible de faire le lien avec les injustices épistémiques de type testimonial, où ce n’est pas le système épistémologique en place qui est le problème, mais bien les rapports de pouvoir dans l’attribution de la crédibilité aux agent-es épistémiques. Autrement dit, les injustices testimoniales pourraient être conçues comme étant une forme d’oppression épistémique. La même contribution, en tenant compte des rapports de pouvoir, provenant d’une femme ou d’un homme, n’aura pas la même valeur en ce qui concerne sa crédibilité, et donc son impact dans la production des savoirs.

Les personnes victimes de l’exclusion doivent donc utiliser des ressources épistémiques inadéquates pour articuler leur expérience dans la mesure où celle-ci n’est pas accessible aux personnes qui sont dans des postures bénéficiant d’une plus grande crédibilité. Les victimes se retrouvent donc dans une situation d’injustice herméneutique, en ce sens qu’elles ne peuvent faire sens de leur expérience à ceux en position dominante en utilisant les ressources épistémiques en présence, et ne peuvent non plus articuler les failles de celles-ci.   

Ceci remet donc en question la pertinence des ressources épistémiques dominantes dans la production de savoirs. La reconnaissance de l’inadéquation des ressources épistémiques présentes dans un système épistémologique dominant peut provoquer une crise, où les relations de pouvoir se retrouvent menacées. Cette reconnaissance est parfois niée, en tout ou en partie, comme conséquence de la menace qu’elle pose au cadre dominant. 

Cette négation de l’oppression elle-même nous permet de poursuivre avec une autre forme d’injustice épistémique, qui est l’exploitation épistémique.  

Une société excluant certaines personnes en leur niant cette capacité de manière systématique et persistante en est une où l’injustice épistémique est une forme d’oppression.   

De nombreuses formes d’exclusion comme le plafond de verre qui compromettent la capacité des femmes à contribuer à la production des savoirs sont en fait de l’oppression épistémique. 


Le plafond de verre une forme d’inégalité : 

Pour exprimer l’inégalité, deux principes se conjuguent : celui de la séparation, selon lequel il existe un travail d'hommes et un travail de femmes, et le principe de la hiérarchisation, qui sous-tend qu'un « travail d'hommes vaut plus qu'un travail de femmes ».
 Cette hiérarchisation du caractère masculin sur le féminin origine de la binarité et du dualisme construits à partir des différences perçues entre les sexes, les attitudes discriminatoires liées au sexisme (les stéréotypes de genre, les attitudes sexistes). 
 Les pratiques informelles mises en place au moment du recrutement et de la promotion, et les politiques organisationnelles sont déterminantes pour rendre compte du plafond de verre.       

La discrimination fondée sur le sexe est une discrimination envers les personnes fondée sur leur identité de genre ou sur leurs différences de genre ou de sexe, est surtout définie en termes d’inégalités. Il a été lié aux stéréotypes et aux rôles de genre, et peut inclure la croyance qu'un sexe ou un genre est intrinsèquement supérieur à un autre. 
Le sexisme peut être défini comme l’adhésion à des croyances discriminatoires ou préjudiciables fondées sur le sexe ou le genre. Il peut également être considéré comme recouvrant des attitudes, des croyances et des comportements qui soutiennent l’inégalité entre le statut des femmes et celui des hommes.
À cet égard, les formes d’injustices affectant la possibilité de contribuer à la production et à la transmission de connaissances nécessaires à un jugement pertinent ont été définies plus précisément par Miranda Fricker.

Le plafond de verre et l’injustice épistémique Fricker.

  L’injustice épistémique c’est une forme d’injustice qui cause du tort à un individu spécifiquement dans sa qualité d’agent épistémique, et consiste en un traitement illégitime et préjudiciable du témoignage d’une personne en vertu de son statut social ou de son genre, et non sur la base de ses comportements réels.     
Le terme injustice épistémique introduit pour désigner des formes d’injustice qui sont un tort causé à quelqu’un en particulier en sa qualité de connaisseur. La formalisation de ce concept est attribuable à la philosophe anglaise Miranda Fricker qui, dans son livre épistémique injustice : Power and the ethics of knowing (2007), examine le rôle des perceptions sociales et des préjugés dans les jugements de crédibilité et les situations d’échange de témoignages. Avant que ce concept soit forgé, les femmes qui vivaient ces expériences étaient isolées et ne disposaient pas des ressources interprétatives leur permettant de nommer et d’interpréter ces situations de violence.  
  D’une autre manière plus claire selon Catala : L’injustice épistémique mine l’agentivité épistémique, soit la capacité de produire, transmettre ou utiliser la connaissance. Une personne subit une injustice épistémique si elle n'est soit pas adéquatement crue ou pas adéquatement comprise en raison de biais parce qu’elle appartient à un groupe social non dominant (femmes, minorités asexuelles, groupes racisés, personnes ayant des handicaps, etc.). 
 Et les préjugés en question qui suit se rapportent à l'identité sociale et Fricker appelle ce type de préjugé (préjugé identitaire) qui est causé par un stéréotype négatif préjudiciable à l'identité, n'a pas jugé les récits et les témoignages des femmes crédibles. Il en résulte une injustice cognitive du fait de l’exclusion des femmes et d’objets et places ‘ hors savoir’ parce qu’ils sont en réalité ‘hors norme. L’injustice épistémique ne cause donc pas simplement du tort à un agent dans sa qualité de connaissance, elle lui cause du tort dans sa capacité à se situer et à se concevoir comme un agent épistémique. Il s’agit d’une injustice dont le résultat est proprement épistémique, mais dont les motivations sont fondées sur des préjugés identitaires. Les femmes sont des victimes où elles crédibles et par les barrières invisibles du plafond de verre ont nié et ignoré leurs expériences.

Le plafond de verre et l'injustice testimoniale.

   L’injustice testimoniale, dans laquelle un locuteur reçoit un déficit injuste de crédibilité de la part d'un auditeur en raison d'un préjugé de la part de l'auditeur. Une injustice de ce type peut se produire lorsqu'une personne est ignorée ou n'est pas crue en raison de son sexe, de sa sexualité, de sa présentation de genre, de sa race, de son handicap ou, plus largement, en raison de son identité, qui se produit lorsqu’"un préjugé amène un auditeur à donner un niveau de crédibilité dégonflé à la parole d'un locuteur". 
Fricker donne l'exemple du Londonien Duwayne Brooks , qui a vu son ami Stephen Lawrence assassiné. Les policiers qui sont arrivés sur les lieux ont considéré Brooks avec suspicion. Selon une enquête officielle, "les agents ne se sont pas concentrés sur M. Brooks et n'ont pas suivi énergiquement les informations qu'il leur a données. Personne n'a suggéré qu'il soit utilisé dans les recherches de la zone, bien qu'il sache où les assaillants avaient été vus pour la dernière fois. Personne ne semble vraiment avoir essayé de le calmer, ou d'accepter que ce qu'il a dit était vrai." 
Autrement dit, les policiers n'ont pas considéré Brooks comme un témoin crédible, probablement en partie en raison de préjugés raciaux.  
Il s'agissait, d'un cas d'injustice de témoignage, qui se produit lorsqu’"un préjugé amène un auditeur à donner un niveau de crédibilité dégonflé à la parole d'un locuteur".
C’est une injustice liée au fait de faire confiance à la parole de quelqu'un, ce que signifie que les femmes dans le plafond de verre ont subi un déficit de crédibilité et les causes de ces barrières invisibles ont nié et ignoré leurs expériences, et leur exclusion marque une opération de pouvoir professionnelle. Un exercice du pouvoir de l'identité de genre est actif lorsque, par exemple, l’homme utilise (peut-être involontairement) son identité d'homme pour influencer les actions d'une femme, pour qu'elle s'en remette à sa parole. Il pourrait, la fréquenter et s'en tirer en vertu du fait qu'il est un homme et qu'elle est une femme : « Marge, il y a une intuition féminine, et puis il y a des faits » dans lequel il fait partie de la construction du genre non seulement que les femmes soient plus intuitives que rationnelles, mais, en outre, qu'elles ne doivent jamais opposer leur parole à celle d'un homme.
Le sexisme peut être considéré comme un obstacle à la progression professionnelle de la femme. (Les hommes sexistes sont plus enclins à considérer le leadership comme étant une caractéristique propre à l’homme, nous pouvons voir ici clairement l'injustice testimoniale.

Le monde est confronté à une myriade de défis qui ont un impact global sur de nombreux aspects de la vie économique, sociale et culturelle. Ces défis ont naturellement affecté la dynamique qui sous-tend les opérations des différentes organisations.

L'Importance de l'Élément Humain dans les Organisations

Une analyse des différentes forces qui façonnent l'efficacité d'une organisation met en évidence un fait crucial : l'élément humain, en particulier, influence le cours de l'organisation. Aujourd'hui, à l'ère actuelle, les ressources humaines sont devenues plus importantes que jamais.

Le Rôle des Ressources Humaines dans les Organisations

Les ressources humaines constituent le seul atout dont une organisation peut bénéficier pour relever les défis auxquels elle est confrontée et résister dans un environnement concurrentiel. Leur rôle multiforme est essentiel pour déterminer le succès, l’efficacité, la longévité et l’expansion des organisations.

La Gestion des Ressources Humaines et l'Adaptation aux Changements

La recherche continue par les organisations de méthodes administratives appropriées pour suivre le rythme des exigences d'un changement rapide et surmonter les obstacles qui empêchent de répondre aux besoins de l'organisation en énergie renouvelable confirme que le problème administratif fondamental de toute organisation est « d'identifier les éléments spécifiques des variables de comportement » et ses composants.

La Complexité des Ressources Humaines et les Influences Externes

La complexité de cette ressource est sans précédent, car elle reste soumise à une myriade d’influences internes et externes qui peuvent affecter son impact. Il devient nécessaire pour les organisations, peu importe leur taille ou leur secteur d’activité, d’investir sans réserve dans leurs ressources humaines.

L'Investissement dans les Ressources Humaines : Un Facteur Clé

Un tel investissement nécessite la capacité de surmonter les obstacles qui pourraient surgir si nous ne parvenons pas à allouer ces ressources humaines de manière appropriée et en temps opportun. À la lumière de ces considérations, la survie future de toute organisation dépend de sa capacité à exploiter le plein potentiel de ses ressources humaines.

L'Intégration des Femmes dans les Organisations

Étant donné que les femmes constituent la moitié de la société, elles constituent une part égale des ressources humaines dont dépend la mise en Å“uvre des divers processus économiques et sociaux. Il n’est pas exagéré de dire que les femmes comptent parmi les forces les plus marginalisées dans les processus de changement et de développement.

Les Obstacles à l'Intégration des Femmes : Le Plafond de Verre

Le plus important de ces obstacles est peut-être le phénomène du plafond de verre, un phénomène caché qui fait référence à des préjugés directifs et organisationnels invisibles qui entravent l’avancement professionnel des travailleuses et les empêchent d’accéder à des postes de direction.

 Définition de la Sociologie selon Max Weber

Max Weber définit la sociologie comme une science qui cherche à comprendre l'activité sociale par l'interprétation, et à expliquer causalement son déroulement et ses effets. Il distingue l'activité humaine qui acquiert un sens subjectif donné par l'agent, et l'activité sociale qui se rapporte au comportement d'autrui.

Interprétation de l'Activité Sociale par Weber

L'activité sociale, selon Weber, est celle qui, en fonction de son sens visé, se réfère au comportement d'autres individus, ce qui influence son déroulement. Cette approche met l'accent sur la dimension subjective et intentionnelle de l'action humaine.

Perspective de Durkheim sur la Sociologie

Émile Durkheim propose une définition différente, où la sociologie est la science des institutions, comprenant leur genèse et leur fonctionnement. Pour lui, une institution englobe toutes les croyances et modes de conduite établis par la collectivité.

La Société selon Durkheim: Une Réalité Sui Generis

Durkheim conçoit la société comme un ensemble d'idées, de croyances, et de sentiments qui émergent de l'interaction entre individus. Cette réalité sociale est sui generis, ce qui signifie qu'elle est plus que la somme de ses parties et irréductible aux composants individuels.

Comparaison des Perspectives de Weber et Durkheim

Bien que les deux sociologues s'accordent sur l'importance des interactions humaines dans la formation de la société, leurs définitions divergent sur la nature et l'analyse des phénomènes sociaux. Weber insiste sur l'interprétation subjective, tandis que Durkheim met l'accent sur les structures collectives.

Conclusion: L'Importance de l'Approche Sociologique

La sociologie, à travers les perspectives de Weber et Durkheim, offre des outils essentiels pour comprendre les phénomènes sociaux en termes propres à la discipline, évitant les explications purement individuelles ou psychologiques.

 Initiatives Arabes et Plafond de Verre

Aucun des pays arabes n’a désigné de comités comme ceux formés par le Congrès américain pour surveiller le plafond de verre et Å“uvrer à le briser, à l’exception des Émirats arabes unis, dont le gouvernement a lancé en 2015 un organisme appelé « Conseil pour l’équilibre entre les sexes » et un autre. L'un de ses objectifs déclarés est de briser le plafond de verre auquel sont confrontées les femmes dans le domaine du travail.Aucune institution locale ou régionale n’a non plus adopté l’idée de lancer un index comme celui lancé par le magazine The Economist, outre le fait que ce n’est pas un terme répandu dans les discours des chefs d’entreprise et des gouvernements.

En fait, la situation est pire dans la région arabe, car ce que les institutions des pays occidentaux n’annoncent pas est explicitement annoncé par leurs homologues des pays arabes.

Facteurs de la Construction du Plafond de Verre

En résumé ,la question du plafond de verre conduit à s’interroger sur les facteurs qui participent de cette construction de la rareté des femmes aux niveaux supérieurs des hiérarchies organisationnelles : processus de recrutement, caractéristiques des parcours professionnels, politiques de gestion de carrière, poids des différents facteurs tels que les diplômes dans la définition des parcours, réseaux et processus de cooptation, place des processus informels qui déterminent eux aussi l’accès aux postes de pouvoir et qui peuvent jouer en défaveur des femmes, cultures et pratiques organisationnelles « masculines » alimentant des discriminations et des stéréotypes tenaces quant aux postes et aux comportements qui « conviennent » aux femmes, stratégies masculines visant à différencier leur identité et leurs pratiques professionnelles de celles des femmes et leur dénier pouvoir et autorité .  Le plafond de verre témoigne donc d’une histoire inachevée, celle de l’égalité entre les femmes et les hommes et pose la question des moyens à mettre en Å“uvre pour établir une plus grande égalité de traitement et une plus grande égalité des chances entre les femmes et les hommes, en particulier dans les organisations.

Facteurs Inégalitaires dans l’Accès aux Postes de Pouvoir

Les facteurs qui ont pesé favorablement sur l’augmentation de la part des femmes dans les professions qualifiées et parmi les cadres et les managers ne semblent pas être les mêmes que ceux qui déterminent l’accès aux sphères supérieures du pouvoir organisationnel. Les femmes continuent d’être de plus en plus rares à mesure que l’on s’élève dans la hiérarchie. Il ne suffit plus alors de reconnaître seulement des critères objectifs de mérite comme le diplôme. Les organisations sont aussi des lieux où se développent des relations de pouvoir et des processus informels, souvent inégalitaires, qui déterminent l’accès aux postes de pouvoir.

 Un certain nombre de règles qui sont données comme neutres sont en fait des règles masculines, historiquement calquées sur des modèles masculins. Face à ces modèles codés au masculin, pour venir à bout des obstacles visibles et invisibles qui constituent ce « plafond de verre », qui les sépare du sommet des hiérarchies professionnelles et organisationnelles.


Approches Conceptuelles des Inégalités de Genre et du Plafond de Verre

Plusieurs approches conceptuelles ont été retenues par les chercheuses et chercheurs pour comprendre les pratiques discriminatoires qui édifient le plafond de verre ou, plus largement, pour expliquer la faible représentation des femmes dans les lieux de pouvoir. 

Pour exprimer l’inégalité, deux principes se conjuguent : celui de la séparation, selon lequel il existe un travail d'hommes et un travail de femmes, et le principe de la hiérarchisation, qui sous-tend qu'un « travail d'hommes vaut plus qu'un travail de femmes ».

Soulignons également que ce phénomène s'inscrit sur un continuum d'inégalités entre les femmes et les hommes et non comme un obstacle isolé, qui surgit à un moment donné au cours d'une carrière professionnelle, ce qui laisserait croire à tort que les parcours professionnels des deux sexes sont symétriques.

Impact des Pratiques Informelles et Politiques Organisationnelles sur le Plafond de Verre

Les pratiques informelles mises en place au moment du recrutement et de la promotion, et les politiques organisationnelles sont déterminantes pour rendre compte du plafond de verre.

Cette métaphore indique le point de la hiérarchie du pouvoir, de la rémunération et des responsabilités où les femmes deviennent invisibles, principalement en raison de mécanismes et d'obstacles cachés qui entravent la progression des femmes aux postes de direction.

Cette hiérarchisation du caractère masculin sur le féminin origine de la binarité et du dualisme construits à partir des différences perçues entre les sexes, les attitudes discriminatoires liées au sexisme (les stéréotypes de genre, les attitudes sexistes). 

Sexisme et Discrimination Genrée : Racines et Impact sur le Plafond de Verre

     La discrimination fondée sur le sexe est une discrimination envers les personnes fondée sur leur identité de genre ou sur leurs différences de genre ou de sexe, est surtout définie en termes d’inégalités. Il a été lié aux stéréotypes et aux rôles de genre, et peut inclure la croyance qu'un sexe ou un genre est intrinsèquement supérieur à un autre. 

Le sexisme peut être défini comme l’adhésion à des croyances discriminatoires ou préjudiciables fondées sur le sexe ou le genre. Il peut également être considéré comme recouvrant des attitudes, des croyances et des comportements qui soutiennent l’inégalité entre le statut des femmes et celui des hommes.

Mais l’origine même de l’inégalité entre les hommes et les femmes quant à l’accès aux postes à responsabilité est la division sexuée de la société basée sur des ensembles de préjugés et de stéréotypes conditionnant la femme dans un rôle bien précis

En ce sens, le plafond de verre désigne, d'une part, les pratiques de discrimination dites imperceptibles qui affectent l'avancement professionnel des femmes et des groupes minoritaires et, d'autre part, sous-entend que les inégalités se décuplent de façon plus manifeste lors de l'ascension vers les niveaux supérieurs.


Les dimensions du plafond de verre :

David Cotter et ses collègues ont identifié quatre caractéristiques distinctes qui doivent être présentes pour déduire l'existence d'un plafond de verre. Le plafond de verre des inégalités est représenté par :
  • Une différence entre les sexes ou les races qui ne s'explique pas par d'autres caractéristiques liées au travail de l'employé.
  • Différence entre les sexes ou les races qui est plus grande aux niveaux de résultats plus élevés qu’aux niveaux de résultats inférieurs. 
  • Les inégalités de genre ou de race dans les possibilités d’avancement vers des niveaux supérieurs, et pas seulement les proportions de chaque sexe ou race trouvées à ces niveaux supérieurs. 
  •  Une inégalité de genre ou raciale qui s’accroît au cours d’une carrière. 

Cotter et ses collègues ont découvert que les plafonds de verre sont fortement associés au genre. Les femmes blanches et les femmes issues de minorités sont confrontées à un plafond de verre au cours de leur carrière. En revanche, les chercheurs n’ont trouvé aucune preuve d’un plafond de verre pour les hommes afro-américains.
Les chercheurs ont également précisé les dimensions du plafond de verre sur les points suivants :
  • Discrimination entre hommes et femmes dans les postes de direction, dans la répartition des tâches et des emplois, et discrimination en matière de salaires.
  • La vision stéréotypée des femmes, les longues lignes d'autorité qui permettent aux hommes d'être promus plutôt que les femmes, la composition psychologique et biologique des femmes et les domaines limités ouverts aux femmes au travail.
  • Limiter le travail des femmes aux professions de bureau plutôt qu’aux professions de terrain, exclure les femmes du travail dans les principaux secteurs de croissance, les circonstances familiales telles que la grossesse et l’accouchement, et la discrimination raciale entre les hommes et les femmes au travail.
  • Le manque d'objectivité dans la politique de promotion et la discrimination dans le traitement entre hommes et femmes.

Les conséquences de plafond de verre (Les effets négatifs du plafond de verre) :

Le phénomène du plafond de verre peut affecter directement ou indirectement la réputation de l'institution et la fidélité de ses employés, ainsi que les compétences possédées par les individus. 

Impact du Plafond de Verre sur la Performance Académique

Il peut également affecter l'évolution professionnelle et a les résultats des objectifs recherchés par l'institution, et donc ; Impact sur le capital intellectuel ; En raison de la perte et du gaspillage d'une énergie humaine importante au sein de diverses institutions, qui est une énergie féministe.
Pour le secteur académique ; parmi les effets les plus évidents du phénomène du plafond de verre sur les femmes concernant son impact négatif sur la croissance professionnelle des femmes.
 Tels que  sa réticence à être créatif, son incapacité à innover ou son désir d'introduire de nouvelles activités et idées dans les institutions universitaires, ainsi que sa motivation à changer le statu quo au sein des institutions ; Ce qui reflète négativement son désir d'atteindre les objectifs souhaités, son sérieux au travail et son manque d'engagement à mettre en Å“uvre les instructions avec précision, et donc ; Son niveau de performance diminue, ce qui affecte négativement la performance de l'institution universitaire

Effets du Plafond de Verre sur les Organisations

La raison pour laquelle les professionnels des ressources humaines prêtent attention au phénomène du plafond de verre est qu’ils doivent être conscients de la manière dont le phénomène du plafond de verre affecte directement ou indirectement l’organisation. 
Les résultats des études portant sur le phénomène ont montré un certain nombre d'effets négatifs de ce phénomène sur le lieu de travail, notamment :
Il existe une relation négative entre le phénomène du plafond de verre et l’évolution de carrière d’un individu. Le phénomène du plafond de verre affecte négativement la réputation d'une organisation, la fidélité de ses clients, la diversité des compétences, son potentiel de croissance et ses résultats financiers. 
Le phénomène du plafond de verre nuit à l’engagement et à la satisfaction au travail des salariés.
Le phénomène du plafond de verre affecte négativement la justice organisationnelle et la qualité de l’activité de l’organisation.

Discrimination Directe et Indirecte du Plafond de Verre

Outre le maintien des femmes aux postes à moindres responsabilités, le plafond de verre amène également deux types de discrimination.
D’une part, les discriminations directes regroupent les écarts de salaires hommes- femmes, les difficultés des femmes à se faire embaucher, malgré un diplôme égal à celui des hommes, et une difficulté d’accès aux formations continues et qualifiantes.
D’autre part, la discrimination indirecte concerne la mobilité professionnelle. Il semblerait en effet que les entreprises se basent souvent sur un schéma traditionnel auquel les femmes ont du mal à adhérer. Ainsi, ce schéma traditionnel comporte notamment certaines caractéristiques attendues, telles qu’une disponibilité totale pour l’entreprise, un parcours de formation et d’emploi sans rupture possible, et un mode de management très hiérarchique.
La discrimination indirecte lorsqu’une disposition, mesure ou pratique apparemment neutre nuit particulièrement à des personnes caractérisées par un critère protégé, par rapport à d’autres personnes ne possédant pas ce critère, et ce sans aucune justification légale.

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