Le terme plafond de verre a commencé à être utilisé en 1839, dans le roman Gabriel (1839), Sand raconte l’histoire d'une fille (Gabrielle) élevée comme un garçon. Gabriel raconte un rêve à « son précepteur : «« J’avais des ailes et je planais au-dessus des mondes, vers un monde idéal... et j'étais une fille couronnée de fleurs et vêtue d'une longue robe fluide. » Lorsque le tuteur, chargé d'instruire son élève lorsqu'il était enfant, répond : « Alors tu étais un ange et non une femme », Gabriel déclare : « J'étais une femme ; car tout à coup mes ailes se sont effondrées, l'éther s'est refermé autour, ma tête est comme une voûte de cristal impénétrable, et je suis tombé, je suis tombé... et j'avais autour du cou une lourde chaîne dont le poids m'entraînait vers l'abîme ; et puis je me suis réveillé, accablé de tristesse, de léthargie et de peur, Le message est clair dans l'adaptation féminisée par Sand du mythe d'Icare : une femme qui aspire à transcender son genre est condamnée«.
La phrase a été interprétée comme une description du rêve de l'héroïne de s'envoler avec des ailes, ainsi que comme une description d'une femme essayant de s'élever au-dessus de son rôle accepté.
Le début de l’utilisation du terme « plafond de verre » remonte à mai 1978, lorsque Marilyn Lowden l’a lancé lors de son discours lors d’une séance de discussion tenue à New York, sur les ambitions des femmes et les obstacles pour atteindre leurs objectifs.
Mais d'autres sources affirment que la première utilisation du terme a été faite par les Américaines Catherine Lawrence et Maren Schipper en 1978 lors de l'assemblée annuelle conférence du Centre des femmes pour la liberté de la presse à Washington, où elle a évoqué le « plafond de verre ». Elle a déclaré que les entreprises américaines prétendent que le ciel est leur limite, mais en réalité, ce ciel a un plafond de verre invisible qui limite le progrès des femmes.
Le terme apparaît à nouveau sous forme écrite dans une interview de l'écrivain et journaliste anglais Gay Bryant en mars 1984, publiée par le magazine américain Adweek. À cette époque, Bryant affirmait que les femmes atteignent un niveau précis dans l'échelle de carrière et s'y arrêtent sans cela, il est clair pourquoi. Parce que la barrière est comme un plafond invisible.
Le terme s'est répandu plus largement après sa mention dans un rapport publié par le Wall Street Journal le 24 mars 1986 Le rapport, préparé par Karl Hymowitz en coopération avec Timothy D. Schilderdt, s'intitulait « Le plafond de verre : pourquoi Les femmes ne peuvent pas briser la barrière invisible qui les empêche d'accéder aux postes de direction ? » et a abordé les obstacles intangibles auxquels les femmes sont confrontées dans les institutions et les entreprises et qui les affectent plus que la discrimination déclarée .
En 1991, le Congrès américain s'est arrêté au fait que davantage de femmes entraient sur le marché du travail, mais leur représentation aux postes de direction était encore limitée. C'est pourquoi le Congrès a décidé, pour lancer un comité du plafond de verre, pour découvrir quelles sont les raisons qui empêchent les femmes et les minorités d'accéder aux plus hauts rangs .La Commission « Plafond de verre », publié son rapport en 1995, concluait que la faiblesse des données relatives à l'emploi dans les entreprises et à l'ampleur de la diversité parmi les personnes qui y sont affiliées, conduit par conséquent à un faible pourcentage d'autonomisation des femmes dans les postes de direction .
En effet, c’est à cette époque que fut fondée la « Federal Glass Ceiling Commission ». Cette commission dispose de moyens importants, et est constituée de 21 membres. Ses fonctions principales sont d’une part d’identifier les obstacles à l’avancement des femmes dans le milieu du travail, et d’autre part d’y apporter des solutions. Plus tard, en 1997 le BIT formula une définition plus détaillée du plafond de verre.
Ensuite, en 2004 un Label Egalité a été mis en place en France afin de valoriser l'égalité hommes-femmes et la mixité professionnelle. Cependant, les critères d’attribution de ce label sont fort subjectifs.
En Belgique, le Label Social a été instauré en 2002. Celui-ci a notamment pour critère d’attribution l’égalité hommes-femmes. Plus récemment, en 2007 un Label Diversité a été mis en place. Celui-ci a pour objectif de promouvoir la diversité sur les lieux de travail en Belgique, et de soutenir les organisations qui développent une politique de diversité. Ainsi, ce Label permet notamment de renforcer l’égalité hommes-femmes. Par ailleurs, notons que d’autres incitations et législations ont été mises en place afin de promouvoir l’avancement des femmes dans le milieu du travail.
La diffusion du terme s'est accrue, et il s'est transformé en une théorie étudiée et enseignée.
L'injustice testimoniale s'accompagne souvent d'une injustice herméneutique, c’est le deuxième type d'injustice épistémique qui se produit selon Fricker (2007) lorsqu’il y a des lacunes conceptuelles dans lesquelles les membres d’un groupe social n’ont pas les ressources conceptuelles pour comprendre et décrire des expériences sociales particulières. Elle définit comme l’injustice pour une personne d’être incapable d’interpréter adéquatement certains aspects de son expérience sociale en raison de lacunes dans les ressources herméneutiques collectives. C’est une injustice liée à la façon dont les gens interprètent leur vie. Fricker affirme que cela est également vrai pour d'autres groupes marginalisés (les victimes de harcèlement sexuel avant les années 1970 qui avaient de la difficulté à comprendre et à exprimer le comportement auquel elles étaient soumises, étant donné que le terme « harcèlement sexuel » n’avait pas encore été inventé).
Selon Fricker. Cela est dû en grande partie à l'exclusion des femmes d'une participation égale aux institutions qui aident les gens à donner un sens à leur vie.
L’injustice herméneutique se produit lorsque les expériences de quelqu'un ne sont pas bien comprises en raison de l’exclusion. Elle parle de l’ignorance à laquelle sont soumises les personnes opprimées sur le plan herméneutique lorsque les ressources herméneutiques collectives ne rendent pas compte de leurs expériences et les empêchent par le fait même de les comprendre, d’autre part, elle aborde l’ignorance à laquelle sont soumis les membres de groupes privilégiés en raison de mauvaises pratiques épistémiques.
Medina envisage l’injustice herméneutique en mettant de l’avant les dynamiques communicatives problématiques qui minent la production et la transmission de la connaissance. Il considère que l’injustice herméneutique se produit lorsque des obstacles interprétatifs injustifiés affectent différemment les personnes quant à leur capacité à s’exprimer et à être comprises, en raison de pratiques communicatives problématiques qui minent la production et la transmission de la connaissance.
Nous pouvons maintenant définir l'injustice herméneutique du genre subie par des femmes dans le plafond de verre c’est : l’injustice d'avoir un domaine important de son expérience obscurci de la compréhension collective en raison d'une marginalisation persistante et étendue, cela se reflète dans le plafond de verre avec les pratiques informelles (l’exclusion des femmes des hautes sphères de décision) mises en place au moment de la promotion.
L’épistémologie de l’ignorance s’inscrit pleinement au croisement des réflexions sur les rapports raciaux et de genre. En effet, l’injustice épistémique, tout un système de connaissances est construit sur l’ignorance des savoirs provenant de groupes déshumanisés, ce système est injuste.
Ainsi, tout en excluant la personne ou le groupe dont elle fait partie des processus de production de connaissance en tant que participant-es, on en s’appropriant leur connaissance sans la reconnaître comme telle. Ceci donne l’impression que la personne participe, tout en lui imposant une forme de silence par la non-reconnaissance de son agentivité.
Fricker s’inspire pour cette forme d’injustice de l’objectification des femmes et du phénomène corollaire qui est la réduction des femmes au silence et leur exclusion des pratiques visant la production et la transmission de connaissance.
Fricker, puisque ces situations sont créées par des structures collectives problématiques qui ne peuvent être résolues seulement par le développement d’attitudes épistémiques vertueuses, mais exigent plutôt le développement de processus visant à juguler la domination épistémique .Les manières d’interagir peuvent être égalitaires, mais elles sont trop souvent teintées implicitement ou explicitement par des mécanismes d’oppression et de domination , comme dans le plafond de verre et les barrières invisibles. Le manque de représentation de personnes appartenant à des groupes aux voix marginalisées risque d’entretenir la reproduction des stéréotypes racistes perpétués.Ces formes d’ignorance créent une forme de domination, la production de l’ignorance constitue une forme de domination épistémique.
Une forme particulière de négation de la validité épistémique des apports de groupes marginalisés est théorisée e par Amandine Catala, « Democracy,Trust, and Epistemic Justice », sous le concept de domination herméneutique, que Catala définit comme une forme d’injustice herméneutique , il est ainsi refusé au groupe marginalisé le droit de donner un sens à sa propre expérience, celles qui sont marginalisées par ces dernières, ne bénéficiant donc pas d’autant de ressources herméneutiques et de crédibilité. C’est une forme de « gaslighting » à grande échelle, qui se greffe et renforce une forme d’ignorance active.
On ne nie pas directement l’expérience du groupe opprimé, mais on refuse le sens que celui-ci donne à cette expérience en réitérant l’interprétation du groupe dominant après avoir pu avoir accès à celle du groupe marginalisé. « In this paper, I show that this deliberative masse results from a prior situation of social injustice, one of unequal power relations between different social groups, including inequalities in epistemic power ».
Pour Catala, la domination herméneutique se trouverait à l’intersection des injustices testimoniale et herméneutique. La majorité écarterait à tort le témoignage de la minorité, rejetant ainsi la contribution herméneutique de celle-ci quant à une interprétation alternative d’une expérience ou une pratique sociale. Ce rejet équivaut à considérer la minorité comme épistémiquement inégale, puisque sa contribution est accueillie d’emblée par un doute sur sa crédibilité, constituant ainsi une injustice testimoniale. Minorité est donc informée par l’interprétation majoritaire dominant la collectivité, ce qui constitue, selon Catala, une domination herméneutique de la majorité sur la minorité, à l’intersection des injustices testimoniale et herméneutique, renforçant ainsi d’autres formes de domination et d’oppression.
L’oppression épistémique se définit comme une exclusion épistémique persistante qui empêche ou limite la contribution d’une personne aux processus de production des savoirs.
L’oppression épistémique désigne une forme d’exclusion persistante, ces formes d’exclusion compromettent la capacité d’une personne à contribuer à la production des savoirs qui sont en fait des ramifications de l’oppression sociale. Il est possible de faire le lien avec les injustices épistémiques de type testimonial, où ce n’est pas le système épistémologique en place qui est le problème, mais bien les rapports de pouvoir dans l’attribution de la crédibilité aux agent-es épistémiques. Autrement dit, les injustices testimoniales pourraient être conçues comme étant une forme d’oppression épistémique. La même contribution, en tenant compte des rapports de pouvoir, provenant d’une femme ou d’un homme, n’aura pas la même valeur en ce qui concerne sa crédibilité, et donc son impact dans la production des savoirs.
Les personnes victimes de l’exclusion doivent donc utiliser des ressources épistémiques inadéquates pour articuler leur expérience dans la mesure où celle-ci n’est pas accessible aux personnes qui sont dans des postures bénéficiant d’une plus grande crédibilité. Les victimes se retrouvent donc dans une situation d’injustice herméneutique, en ce sens qu’elles ne peuvent faire sens de leur expérience à ceux en position dominante en utilisant les ressources épistémiques en présence, et ne peuvent non plus articuler les failles de celles-ci.
Ceci remet donc en question la pertinence des ressources épistémiques dominantes dans la production de savoirs. La reconnaissance de l’inadéquation des ressources épistémiques présentes dans un système épistémologique dominant peut provoquer une crise, où les relations de pouvoir se retrouvent menacées. Cette reconnaissance est parfois niée, en tout ou en partie, comme conséquence de la menace qu’elle pose au cadre dominant.
Cette négation de l’oppression elle-même nous permet de poursuivre avec une autre forme d’injustice épistémique, qui est l’exploitation épistémique.
Une société excluant certaines personnes en leur niant cette capacité de manière systématique et persistante en est une où l’injustice épistémique est une forme d’oppression.
De nombreuses formes d’exclusion comme le plafond de verre qui compromettent la capacité des femmes à contribuer à la production des savoirs sont en fait de l’oppression épistémique.
Le monde est confronté à une myriade de défis qui ont un impact global sur de nombreux aspects de la vie économique, sociale et culturelle. Ces défis ont naturellement affecté la dynamique qui sous-tend les opérations des différentes organisations.
Une analyse des différentes forces qui façonnent l'efficacité d'une organisation met en évidence un fait crucial : l'élément humain, en particulier, influence le cours de l'organisation. Aujourd'hui, à l'ère actuelle, les ressources humaines sont devenues plus importantes que jamais.
Les ressources humaines constituent le seul atout dont une organisation peut bénéficier pour relever les défis auxquels elle est confrontée et résister dans un environnement concurrentiel. Leur rôle multiforme est essentiel pour déterminer le succès, l’efficacité, la longévité et l’expansion des organisations.
La recherche continue par les organisations de méthodes administratives appropriées pour suivre le rythme des exigences d'un changement rapide et surmonter les obstacles qui empêchent de répondre aux besoins de l'organisation en énergie renouvelable confirme que le problème administratif fondamental de toute organisation est « d'identifier les éléments spécifiques des variables de comportement » et ses composants.
La complexité de cette ressource est sans précédent, car elle reste soumise à une myriade d’influences internes et externes qui peuvent affecter son impact. Il devient nécessaire pour les organisations, peu importe leur taille ou leur secteur d’activité, d’investir sans réserve dans leurs ressources humaines.
Un tel investissement nécessite la capacité de surmonter les obstacles qui pourraient surgir si nous ne parvenons pas à allouer ces ressources humaines de manière appropriée et en temps opportun. À la lumière de ces considérations, la survie future de toute organisation dépend de sa capacité à exploiter le plein potentiel de ses ressources humaines.
Étant donné que les femmes constituent la moitié de la société, elles constituent une part égale des ressources humaines dont dépend la mise en Å“uvre des divers processus économiques et sociaux. Il n’est pas exagéré de dire que les femmes comptent parmi les forces les plus marginalisées dans les processus de changement et de développement.
Le plus important de ces obstacles est peut-être le phénomène du plafond de verre, un phénomène caché qui fait référence à des préjugés directifs et organisationnels invisibles qui entravent l’avancement professionnel des travailleuses et les empêchent d’accéder à des postes de direction.
Max Weber définit la sociologie comme une science qui cherche à comprendre l'activité sociale par l'interprétation, et à expliquer causalement son déroulement et ses effets. Il distingue l'activité humaine qui acquiert un sens subjectif donné par l'agent, et l'activité sociale qui se rapporte au comportement d'autrui.
L'activité sociale, selon Weber, est celle qui, en fonction de son sens visé, se réfère au comportement d'autres individus, ce qui influence son déroulement. Cette approche met l'accent sur la dimension subjective et intentionnelle de l'action humaine.
Émile Durkheim propose une définition différente, où la sociologie est la science des institutions, comprenant leur genèse et leur fonctionnement. Pour lui, une institution englobe toutes les croyances et modes de conduite établis par la collectivité.
Durkheim conçoit la société comme un ensemble d'idées, de croyances, et de sentiments qui émergent de l'interaction entre individus. Cette réalité sociale est sui generis, ce qui signifie qu'elle est plus que la somme de ses parties et irréductible aux composants individuels.
Bien que les deux sociologues s'accordent sur l'importance des interactions humaines dans la formation de la société, leurs définitions divergent sur la nature et l'analyse des phénomènes sociaux. Weber insiste sur l'interprétation subjective, tandis que Durkheim met l'accent sur les structures collectives.
La sociologie, à travers les perspectives de Weber et Durkheim, offre des outils essentiels pour comprendre les phénomènes sociaux en termes propres à la discipline, évitant les explications purement individuelles ou psychologiques.
Aucun des pays arabes n’a désigné de comités comme ceux formés par le Congrès américain pour surveiller le plafond de verre et Å“uvrer à le briser, à l’exception des Émirats arabes unis, dont le gouvernement a lancé en 2015 un organisme appelé « Conseil pour l’équilibre entre les sexes » et un autre. L'un de ses objectifs déclarés est de briser le plafond de verre auquel sont confrontées les femmes dans le domaine du travail.Aucune institution locale ou régionale n’a non plus adopté l’idée de lancer un index comme celui lancé par le magazine The Economist, outre le fait que ce n’est pas un terme répandu dans les discours des chefs d’entreprise et des gouvernements.
En fait, la situation est pire dans la région arabe, car ce que les institutions des pays occidentaux n’annoncent pas est explicitement annoncé par leurs homologues des pays arabes.
En résumé ,la question du plafond de verre conduit à s’interroger sur les facteurs qui participent de cette construction de la rareté des femmes aux niveaux supérieurs des hiérarchies organisationnelles : processus de recrutement, caractéristiques des parcours professionnels, politiques de gestion de carrière, poids des différents facteurs tels que les diplômes dans la définition des parcours, réseaux et processus de cooptation, place des processus informels qui déterminent eux aussi l’accès aux postes de pouvoir et qui peuvent jouer en défaveur des femmes, cultures et pratiques organisationnelles « masculines » alimentant des discriminations et des stéréotypes tenaces quant aux postes et aux comportements qui « conviennent » aux femmes, stratégies masculines visant à différencier leur identité et leurs pratiques professionnelles de celles des femmes et leur dénier pouvoir et autorité . Le plafond de verre témoigne donc d’une histoire inachevée, celle de l’égalité entre les femmes et les hommes et pose la question des moyens à mettre en Å“uvre pour établir une plus grande égalité de traitement et une plus grande égalité des chances entre les femmes et les hommes, en particulier dans les organisations.
Les facteurs qui ont pesé favorablement sur l’augmentation de la part des femmes dans les professions qualifiées et parmi les cadres et les managers ne semblent pas être les mêmes que ceux qui déterminent l’accès aux sphères supérieures du pouvoir organisationnel. Les femmes continuent d’être de plus en plus rares à mesure que l’on s’élève dans la hiérarchie. Il ne suffit plus alors de reconnaître seulement des critères objectifs de mérite comme le diplôme. Les organisations sont aussi des lieux où se développent des relations de pouvoir et des processus informels, souvent inégalitaires, qui déterminent l’accès aux postes de pouvoir.
Un certain nombre de règles qui sont données comme neutres sont en fait des règles masculines, historiquement calquées sur des modèles masculins. Face à ces modèles codés au masculin, pour venir à bout des obstacles visibles et invisibles qui constituent ce « plafond de verre », qui les sépare du sommet des hiérarchies professionnelles et organisationnelles.
À partir des années 60, l'entrée massive des femmes dans le salariat a provoqué un bouleversement majeur dans la société, favorisant leur émancipation et réduisant les inégalités hommes-femmes au travail. Cependant, l'histoire de l'égalité professionnelle, marquée par un phénomène paradoxal, reste encore à parachever : alors que les femmes participent davantage à l'activité économique du pays et que de nombreuses dispositions législatives ont été prises en leur faveur, le monde du travail demeure fortement discriminant pour ces dernières. En effet, aujourd'hui encore, de nombreuses femmes, malgré leurs qualifications et leurs compétences, ne poursuivent pas le parcours professionnel qu'elles méritent. Les femmes se heurtent, depuis leur intégration sur le marché du travail, à des barrières qui ralentissent leur évolution professionnelle, limitant leur accès au sommet des organisations. Le problème des inégalités entre les hommes et les femmes dans les administrations n’a pas encore reçu toute l’attention qu’il mérite.
Malgré le fait que les femmes ont accès à l’éducation depuis plusieurs décennies, y compris aux meilleures et aux plus prestigieuses écoles et universités, elles éprouvent toujours plus de difficultés que les hommes tout au long de leur carrière, de plus, elles atteignent rarement des postes de direction en raison de divers facteurs structurels et culturels. L’avancement des femmes vers les postes de décision est obstrué par des barrières invisibles qui empêchent les femmes de s'élever au sein de la hiérarchie, Le « plafond de verre » est l'appellation usitée pour faire référence à ces barrières.
Le phénomène du plafond de verre fait référence au manque d'égalité des chances entre les sexes pour accéder à des postes de direction et à des salaires élevés dans les organisations. Il s'agit d'une théorie occidentale des sciences de gestion modernes, apparue à la fin des années 70, et qui tourne autour de la barrière qui empêche les femmes de d'accéder à des postes de direction, en tant que femme, malgré leur compétence ou leur supériorité sur les autres. Les hommes sont dans le même domaine, mais leur accession se heurte à un plafond imaginaire et non déclaré appelé plafond de verre, expression du monopole des postes (de direction) prestigieux, sur un certain groupe de personnes selon la discrimination, soit selon le sexe, la couleur ou d'autres choses. Cela s'appelle un plafond, parce que les gens qui ne le font pas Ils appartiennent au groupe dominant, et des limites claires leur ont été fixées quant à l'étendue d'avancement qu'ils sont autorisés à atteindre dans les rangs de l'organisation.
Le phénomène du plafond de verre est donc un phénomène global dont souffrent toutes les femmes des pays développés comme des pays en développement. Il exprime la présence de barrières imaginaires fondées sur les traditions et les coutumes, voire sur un biais directionnel ou organisationnel qui empêche les personnes qualifiées d’accéder à des postes de direction dans leur organisation.
C’est une indication de l’absence de raisons objectives qui empêchent les femmes d’accéder à des postes élevés, car cela résulte de certaines idées et impressions sur la performance des femmes et d’un parti pris organisationnel en faveur des hommes.
Le terme plafond de verre a commencé à être utilisé en 1839, dans le roman Gabriel (1839), Sand raconte l’histoire d'une fille (Gabrielle) élevée comme un garçon. Gabriel raconte un rêve à « son précepteur : «« J’avais des ailes et je planais au-dessus des mondes, vers un monde idéal... et j'étais une fille couronnée de fleurs et vêtue d'une longue robe fluide. » Lorsque le tuteur, chargé d'instruire son élève lorsqu'il était enfant, répond : « Alors tu étais un ange et non une femme », Gabriel déclare : « J'étais une femme ; car tout à coup mes ailes se sont effondrées, l'éther s'est refermé autour, ma tête est comme une voûte de cristal impénétrable, et je suis tombé, je suis tombé... et j'avais autour du cou une lourde chaîne dont le poids m'entraînait vers l'abîme ; et puis je me suis réveillé, accablé de tristesse, de léthargie et de peur, Le message est clair dans l'adaptation féminisée par Sand du mythe d'Icare : une femme qui aspire à transcender son genre est condamnée«.
La phrase a été interprétée comme une description du rêve de l'héroïne de s'envoler avec des ailes, ainsi que comme une description d'une femme essayant de s'élever au-dessus de son rôle accepté.
Le début de l’utilisation du terme « plafond de verre » remonte à mai 1978, lorsque Marilyn Lowden l’a lancé lors de son discours lors d’une séance de discussion tenue à New York, sur les ambitions des femmes et les obstacles pour atteindre leurs objectifs.
Mais d'autres sources affirment que la première utilisation du terme a été faite par les Américaines Catherine Lawrence et Maren Schipper en 1978 lors de l'assemblée annuelle conférence du Centre des femmes pour la liberté de la presse à Washington, où elle a évoqué le « plafond de verre ». Elle a déclaré que les entreprises américaines prétendent que le ciel est leur limite, mais en réalité, ce ciel a un plafond de verre invisible qui limite le progrès des femmes.
Le terme apparaît à nouveau sous forme écrite dans une interview de l'écrivain et journaliste anglais Gay Bryant en mars 1984, publiée par le magazine américain Adweek. À cette époque, Bryant affirmait que les femmes atteignent un niveau précis dans l'échelle de carrière et s'y arrêtent sans cela, il est clair pourquoi. Parce que la barrière est comme un plafond invisible.
Le terme s'est répandu plus largement après sa mention dans un rapport publié par le Wall Street Journal le 24 mars 1986 Le rapport, préparé par Karl Hymowitz en coopération avec Timothy D. Schilderdt, s'intitulait « Le plafond de verre : pourquoi Les femmes ne peuvent pas briser la barrière invisible qui les empêche d'accéder aux postes de direction ? » et a abordé les obstacles intangibles auxquels les femmes sont confrontées dans les institutions et les entreprises et qui les affectent plus que la discrimination déclarée .
En 1991, le Congrès américain s'est arrêté au fait que davantage de femmes entraient sur le marché du travail, mais leur représentation aux postes de direction était encore limitée. C'est pourquoi le Congrès a décidé, pour lancer un comité du plafond de verre, pour découvrir quelles sont les raisons qui empêchent les femmes et les minorités d'accéder aux plus hauts rangs .La Commission « Plafond de verre », publié son rapport en 1995, concluait que la faiblesse des données relatives à l'emploi dans les entreprises et à l'ampleur de la diversité parmi les personnes qui y sont affiliées, conduit par conséquent à un faible pourcentage d'autonomisation des femmes dans les postes de direction .
En effet, c’est à cette époque que fut fondée la « Federal Glass Ceiling Commission ». Cette commission dispose de moyens importants, et est constituée de 21 membres. Ses fonctions principales sont d’une part d’identifier les obstacles à l’avancement des femmes dans le milieu du travail, et d’autre part d’y apporter des solutions. Plus tard, en 1997 le BIT formula une définition plus détaillée du plafond de verre.
Ensuite, en 2004 un Label Egalité a été mis en place en France afin de valoriser l'égalité hommes-femmes et la mixité professionnelle. Cependant, les critères d’attribution de ce label sont fort subjectifs.
En Belgique, le Label Social a été instauré en 2002. Celui-ci a notamment pour critère d’attribution l’égalité hommes-femmes. Plus récemment, en 2007 un Label Diversité a été mis en place. Celui-ci a pour objectif de promouvoir la diversité sur les lieux de travail en Belgique, et de soutenir les organisations qui développent une politique de diversité. Ainsi, ce Label permet notamment de renforcer l’égalité hommes-femmes. Par ailleurs, notons que d’autres incitations et législations ont été mises en place afin de promouvoir l’avancement des femmes dans le milieu du travail.
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